Jan, edan, lo

Jan, edan, lo
11
Julio
2006
Opinión

J´ai, devant moi, un dossier de presse de tous les journaux du Pays-Basque sud qui relatent en abondance la conférence de presse d´archéologues et de linguistes au sujet de fouilles situées à Iruña-Valeia à une dizaine de kilomètres de Vitoria-Gasteiz, capitale politique de la Communauté autonome basque. Seul le Journal du Pays Basque s´en est fait l´écho dans la presse du Nord de la Bidassoa.
Il s"agit pourtant d"une découverte importante d"une romaine à l"intérieur même d"un site de 80 hectares environ qui a livré des secrets particulièrement intéressants. Du point de vue religieux une céramique représente un calvaire avec la croix du Christ et celles de deux larrons, qui pourrait être la plus ancienne représentation connue dans le monde dans la mesure où elle daterait du IVe ou de Ve siècle. Outre cela sont apparus aussi des mots en basque qui, s"ils appartiennent à la même époque, font reculer l"expression écrite basque de cinq ou six siècles. En effet, le premier texte écrit connu se trouve dans les conservées au monastère de San Millán de la Cogolla (Provence de la Rioja) et datées des Xe ou XIe siècle.

On peut classer les inscriptions basques en deux séries: la religieuse en premier avec dans lequel on peut souligner le possessif intensif encore usité, la version ancienne du père devenu qui signifie , mais dans lequel est le pluriel de et non point un singulier de politesse venu beaucoup plus tard. Cela correspond au latin. On trouve aussi l"inscription (Jesús, Joseph le père et Miriam la mère) indiquant la Sainte Famille, donc, la christianisation de cette colonie basco romaine. L"autre série est celle des termes communs:
exprimant des couleurs (bleu-gris?) (blanc), (rouge, orthographié avec deux r actuellement), les mots (étoile) et (seigneur) pouvant établir le lien entre le ciel et la terre et, enfin, les trois participes (boire, manger, dormir), essentiels pour la vie journalière.

Selon les linguistes qui se sont exprimés au cours de la conférence de presse la fourchette chronologique se situerait entre IIIe et le VIe siècle de l"ère chrétienne. On peut être surpris par la présence de la lettre dont on remarquera qu"elle se trouve à l"initiale de mot , et non en position intervocalique (actuellement ).

Il est bien entendu que d"autres problèmes sont posés par ces inscriptions et que, peut-être, d"autres découvertes viendront soit confirmer soit infirmer, mais surtout dater plus sûrement. Il faudra attendre la datation au carbone 14 pour bien situer l"époque en tenant toujours compte que l"inscription est nécessairement postérieure au support. Il n"empêche que la découverte est d"importance non seulement d"un point de vue historique ou religieux, mais encore d"un point de vue linguistique. Le trinôme verbal , inchangé et toujours actuel si, comme je l"ai déjà dit, exprime les nécessités de la vie journalière, pourrait relever d"une certaine philosophie épicurienne, idéal d"un sybarite Vascon des premiers siècles de notre ère. On sait que les Basques sont installés sur leur terre depuis des millénaires, on savait que la langue basque n"avait pas beaucoup évolué depuis le témoignage du pèlerin de Saint-Jacques (XIIe siècle), on mesure cette même permanence quelque cinq ou six siècles auparavant.
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